POURQUOI DES EXCUSES NATIONALES SONT IMPORTANTES
Constatations du rapport du Sénat de 2018
En 2018, le Sénat du Canada a publié *La honte est nôtre* , un rapport exhaustif documentant les expériences vécues par les mères et les enfants qui leur ont été retirés par les pratiques d'adoption historiques des années 1940 aux années 1980. Le rapport concluait que ces pratiques étaient souvent coercitives, discriminatoires et fondées sur la stigmatisation sociale plutôt que sur un consentement éclairé.
Principales conclusions
• Des milliers de mères ont subi des pressions, des contraintes ou ont été forcées d'abandonner leurs nouveau-nés.
• Nombre d’entre eux se sont vu refuser l’information, le soutien ou la possibilité de prendre une décision éclairée.
• Les enfants ont été séparés de leurs familles sans garanties ni surveillance adéquates.
• Les conséquences sont durables et intergénérationnelles, affectant l’identité, la santé mentale, les relations familiales et le bien-être.
• Le gouvernement fédéral a joué un rôle par le biais du financement, des cadres politiques et de la surveillance institutionnelle.
Pourquoi des excuses sont nécessaires
Le Sénat a conclu que le préjudice causé par ces pratiques était important, durable et méritait d'être reconnu. Des excuses nationales ne sont pas symboliques : il s'agit d'un acte public de responsabilité. Elles reconnaissent la vérité sur les faits, affirment la dignité des personnes touchées et reconnaissent le rôle des systèmes et politiques fédéraux qui ont permis ces pratiques.
Des excuses ne peuvent pas effacer le passé, mais elles peuvent :
• reconnaître le vécu des mères, des enfants qui leur ont été retirés et de leurs familles
• reconnaître le préjudice qui a été véhiculé en silence pendant des décennies
• affirmer que ces pratiques étaient erronées
• créer les bases de la guérison et de la reconnaissance
Précédent international
Plusieurs pays ayant des pratiques d'adoption similaires après la guerre ont déjà présenté des excuses nationales officielles, notamment :
• Australie (2013)
• Irlande (2021)
• Écosse (2023)
• Pays de Galles (2023)
• UK (2026)
Le Royaume-Uni examine actuellement sa propre histoire et envisage de présenter des excuses nationales.
Ces reconnaissances ont apporté une forme de reconnaissance, de validation et d'apaisement aux personnes touchées. Le Canada n'a pas encore franchi cette étape.
Pourquoi c'est important maintenant
Huit ans se sont écoulés depuis que le Sénat a recommandé des excuses nationales. Malgré la reconnaissance du préjudice dans une réponse écrite, le gouvernement du Canada n'a pas donné suite à cette recommandation.
Nombre de personnes touchées vieillissent. Depuis des décennies, des familles vivent avec des questions sans réponse, un deuil non apaisé et le poids du silence. Des excuses nationales sont attendues depuis trop longtemps, et tout retard supplémentaire risque de reproduire le schéma de déni et d'invisibilité qui a causé le préjudice initial.
Que signifierait la guérison
Des excuses nationales n'effaceraient pas le passé, mais elles permettraient enfin :
• reconnaître publiquement la vérité
• rendre hommage aux mères réduites au silence
• reconnaître les enfants qui ont grandi sans réponses
• témoigner notre soutien aux familles qui ont porté ce deuil de génération en génération
• marquer un tournant, du silence vers la dignité, la vérité et la reconnaissance
Pour beaucoup, ce serait la première fois que leurs expériences seraient nommées, validées et honorées par le pays qui a manqué à son devoir de les protéger.